Ingérences russes : ce que l'on sait

Les ingérences russes visant la présidentielle française s'intensifient à huit mois du scrutin. Trois candidats sont déjà touchés par des campagnes de désinformation. Voici ce que l'on sait.

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Le scrutin présidentiel n'aura lieu qu'au printemps prochain, mais la bataille de l'information a déjà commencé. Des réseaux prorusses multiplient les opérations de déstabilisation contre plusieurs personnalités politiques françaises.

Ces campagnes restent discrètes, diffusées surtout via de faux sites d'information locale et les réseaux sociaux, mais leur fréquence inquiète de plus en plus l'exécutif.

Trois candidats déjà visés

Édouard Philippe, candidat pressenti du camp Horizons, a fait l'objet de fausses rumeurs sur son état de santé. Raphaël Glucksmann a lui été attaqué indirectement, via sa compagne la journaliste Léa Salamé, accusée à tort d'avoir influencé des médias en sa faveur.

Gabriel Attal n'a pas été épargné non plus : une rumeur infondée l'a présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. Sur RTL, l'ancien Premier ministre a dénoncé une tentative de la Russie de détourner le scrutin à son profit.

La justice et le gouvernement se mobilisent

Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur les attaques visant Raphaël Glucksmann, attribuées au GRU, le service de renseignement militaire russe. Un signe que ces ingérences ne sont plus traitées comme de simples rumeurs isolées.

Sur le plan légal, l'exécutif a présenté fin juillet un projet de loi durcissant les sanctions contre la désinformation électorale. Les peines actuelles, d'un an de prison et 15 000 euros d'amende, pourraient passer à trois ans et 45 000 euros, voire six ans si l'ingérence sert les intérêts d'une puissance étrangère.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà reçu les partis politiques en juin pour évoquer des menaces jugées lourdes pesant sur la présidentielle. Il a promis de poursuivre ce travail à la rentrée, notamment face aux demandes de La France insoumise restées sans réponse depuis.

Le précédent roumain inquiète

L'exemple roumain reste dans toutes les mémoires. En 2024, la présidentielle en Roumanie avait été annulée après des soupçons d'ingérence russe menée via TikTok. Un scénario que personne ne souhaite voir se reproduire en France.

C'est en partie ce qui pousse une partie de la gauche, avec Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier en tête, à réclamer des sanctions fermes contre les plateformes étrangères comme TikTok ou X. La droite et l'extrême droite, elles, restent pour l'instant discrètes sur ce sujet.

À huit mois du scrutin, l'affaire ne fait que commencer. Romi Resume continuera de suivre l'évolution de ces révélations.

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