Munich : perpétuité pour l'auteur de l'attentat de 2025

Dix-huit mois après avoir foncé sur un cortège syndical au volant d'une voiture, un jeune Afghan de 25 ans vient d'être fixé sur son sort par la justice allemande. Le tribunal régional supérieur de Munich l'a condamné, ce jeudi 6 août, à la réclusion à perpétuité pour cet attentat de Munich qui avait fait deux morts.

Munich : perpétuité pour l'auteur de l'attentat de 2025

Une gravité jugée exceptionnelle

Les juges bavarois n'ont pas seulement prononcé la peine maximale. Ils ont aussi retenu la notion de « gravité particulière » de la faute, une qualification rare en droit allemand. Concrètement, elle verrouille presque toute perspective de libération anticipée pour le condamné, identifié sous le nom de Farhad N.

Le verdict tombe après un réquisitoire sans ambiguïté du parquet fédéral, formulé fin juillet : perpétuité et reconnaissance de cette gravité aggravée. Au total, l'accusé répondait de deux meurtres, de 22 tentatives de meurtre, de 19 cas de blessures graves et de trois cas de blessures légères.

Le jour où une manifestation a basculé dans l'horreur

Retour en arrière. Le 13 février 2025, Munich vit sous haute tension : la ville accueille la Conférence sur la sécurité, qui rassemble des dirigeants du monde entier, tandis que l'Allemagne file vers des élections législatives décisives. Ce matin-là, environ 1 400 personnes défilent à l'appel du syndicat des services Verdi.

Au volant d'une BMW Mini, l'homme dépasse les véhicules de police qui encadrent le cortège, accélère, puis fonce délibérément dans la foule. Il parcourra 23 mètres avant que son véhicule ne s'immobilise, bloqué par les corps. Une ingénieure de 37 ans, originaire d'Algérie et employée par la ville de Munich, ainsi que sa fille de deux ans, sont projetées sur une dizaine de mètres. Toutes deux mourront deux jours plus tard.

Devant les juges, l'accusation a repris le témoignage glaçant d'un rescapé, décrivant une scène où « les gens ont été projetés à gauche et à droite », comme sur une piste de bowling.

Radicalisation solitaire et motivation religieuse

Ce que l'enquête a mis au jour interroge autant qu'il inquiète. Arrivé en Allemagne à 15 ans comme mineur non accompagné, passionné de musculation, titulaire d'un titre de séjour régulièrement renouvelé, l'homme était perçu comme parfaitement intégré. Sa bascule s'est jouée à l'écart de toute structure organisée, nourrie par des prédicateurs afghans suivis sur les réseaux sociaux dans les mois précédant le passage à l'acte.

Au moment de son interpellation, il aurait crié « Allahu Akbar » avant de se mettre à prier. Selon les enquêteurs, il tenait les pays occidentaux pour responsables des souffrances infligées aux populations musulmanes d'Afghanistan et du Moyen-Orient, et considérait son geste comme une forme de représailles légitimes. Isolement, colère envers sa famille restée au pays : plusieurs facteurs personnels se seraient greffés à cette conviction.

Des experts psychiatriques ont bien identifié certaines fragilités chez lui, insuffisantes toutefois pour caractériser une psychose ou atténuer sa responsabilité pénale. La défense plaidait quinze ans de prison assortis d'un placement en hôpital psychiatrique — une demande que le tribunal a largement écartée en optant pour la perpétuité.

Ce que change ce verdict

Au-delà du cas individuel, cette décision illustre la fermeté croissante de la justice allemande face aux attaques à caractère terroriste commises au véhicule-bélier, une méthode qui a endeuillé plusieurs villes européennes ces dernières années. Elle intervient aussi dans un climat politique où le débat sur l'immigration et la sécurité reste particulièrement vif outre-Rhin.

Ce verdict ne clôt pas pour autant les questions soulevées par cette affaire : d'autres procédures liées à la sécurité des rassemblements publics en Allemagne sont encore à suivre de près.

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