Guinée : pourquoi Conakry conserve le franc guinéen

À l'approche du lancement de l'eco, la future monnaie commune de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, la Guinée a fait savoir qu'elle conservera pour le moment le franc guinéen. Cette décision ne marque pas un abandon du projet régional, mais traduit la volonté des autorités de privilégier les réalités économiques du pays avant toute intégration monétaire.


Une économie jugée insuffisamment préparée

Pour plusieurs économistes guinéens, rejoindre une union monétaire nécessite des bases économiques solides. Ils estiment que la Guinée doit d'abord renforcer sa production nationale, accélérer son industrialisation et répondre aux critères de convergence exigés par la future zone monétaire.

Selon l'économiste Bella Bah, préserver une monnaie nationale offre davantage de flexibilité à un pays disposant d'importantes ressources naturelles. D'après lui, une intégration trop rapide pourrait limiter les marges de manœuvre économiques si la capacité de production reste insuffisante.

Des échanges commerciaux tournés vers d'autres marchés

Un autre élément pèse dans la réflexion de Conakry : la structure de son commerce extérieur.

Les échanges avec les pays voisins de la Cédéao représentent une part relativement faible de l'activité commerciale du pays. À l'inverse, plus de 80 % des exportations guinéennes sont destinées au marché asiatique, notamment à la Chine, selon l'économiste Mohamed Camara.

Dans ce contexte, les spécialistes estiment que le maintien du franc guinéen permet encore au pays de conserver certains outils de politique économique adaptés à ses besoins.

Le projet de l'eco poursuit son développement

La décision de la Guinée ne signifie pas un retrait du projet de monnaie unique ouest-africaine. Le pays continue de participer aux discussions menées au sein de la Cédéao.

Une nouvelle réunion de la task force régionale est attendue avant le mois de décembre afin d'avancer sur plusieurs dossiers majeurs, notamment le régime de change et l'organisation de la future Banque centrale qui pilotera l'eco.

À ce stade, Conakry privilégie donc une approche prudente en attendant que les conditions économiques soient jugées plus favorables.

Le dossier de l'eco continue d'évoluer en Afrique de l'Ouest. Restez connecté à notre site pour suivre les prochaines décisions de la Cédéao et leurs conséquences économiques.

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