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Une digue de bouées face à une vague humaine sans précédent. À Ceuta, l'Espagne a répondu samedi à l'afflux de migrants le plus massif jamais enregistré dans l'enclave en immergeant une barrière flottante de 500 mètres. Un geste symbolique autant que dissuasif, trois jours après des scènes de chaos aux portes de l'Europe.
Une barrière pour verrouiller la frontière maritime
Plongeurs et embarcations espagnoles ont travaillé samedi matin pour ancrer ce dispositif entre Ceuta et Fnideq, côté marocain.
Émergeant de 30 à 70 centimètres au-dessus de la surface et plongeant sur un mètre de profondeur, la structure vise un objectif précis : rendre infranchissable la voie d'eau menant à la digue de Tarajal, point de passage prisé des migrants.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, avait annoncé la veille cette réponse, la présentant comme une frontière à la fois matérielle et visuelle destinée à décourager de nouvelles tentatives.
Ceuta retrouve son calme, le Maroc sous pression
Après le pic de tension de jeudi, la ville a repris son cours normal. Les autorités espagnoles évoquent 50 000 retours vers le Maroc, faute de perspective d'accueil côté européen. Mais le bilan humain reste lourd : au moins 67 personnes ont perdu la vie en tentant la traversée.
Sur le terrain marocain, des familles guettaient samedi le retour d'un proche, épaulées par des bénévoles de l'Association marocaine des droits humains. L'organisation a exigé l'ouverture d'une enquête indépendante, estimant qu'un afflux d'une telle ampleur n'avait pu se produire sans une forme de tolérance des autorités marocaines. Elle attribue cette vague à la frustration d'une jeunesse confrontée au chômage malgré la croissance du pays.
Une réunion des ministres européens de l'Intérieur est prévue mardi, en visioconférence, pour coordonner la réponse de l'Union européenne.
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Reste à savoir si cette digue physique suffira à contenir une pression migratoire dont les causes, elles, restent entières.

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