Mirapolis : l'Arabie saoudite prête à ressusciter le parc

Trente-cinq ans après sa fermeture, le parc Mirapolis pourrait renaître de ses cendres. Selon des sources proches du dossier, des investisseurs saoudiens négocient actuellement avec l'Élysée la reprise de cet ancien site francilien, à l'abandon depuis 1991, pour y bâtir un parc à thème inspiré de Dragon Ball.

Mirapolis, Investissement saoudien, Parc d'attractions

Un dossier piloté depuis l'Élysée

Le site de Courdimanche, dans le Val-d'Oise, fait l'objet de discussions discrètes depuis plusieurs mois. Selon des informations obtenues par POLITICO, l'exécutif français négocie directement avec Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF, pour racheter les terrains de l'ancien Mirapolis.

Le montant précis reste flou. Plusieurs sources évoquent toutefois un projet qui pourrait franchir la barre du milliard d'euros.

Une réunion interministérielle s'est tenue fin juillet sous la houlette du préfet d'Île-de-France Georges-François Leclerc. Les cabinets de l'Économie, de la Transition écologique, du Commerce et de l'Énergie y étaient représentés, aux côtés du gestionnaire de réseau RTE. Un participant à cette réunion a confié avoir été convoqué sans préavis, tout en comprenant que l'Élysée souhaitait accélérer sur ce dossier.

Pourquoi un parc Dragon Ball près de Paris

Le choix de la licence n'est pas anodin. Qiddiya développe déjà, à une cinquantaine de kilomètres de Riyad, une ville entière dédiée aux loisirs : circuit de Formule 1, complexe tennistique international, parc Six Flags, et un parc à thème Dragon Ball.

La version envisagée pour Mirapolis serait plus modeste, mais s'inscrirait dans la même logique de diversification économique portée par le plan Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les contacts entre Paris et Riyad ne datent pas d'hier : le patron de Qiddiya, Abdullah Aldawood, a rencontré Emmanuel Macron à deux reprises lors du sommet Choose France, en 2025 puis en juin dernier.

Un symbole des années Chirac tombé dans l'oubli

Inauguré en 1987 par Jacques Chirac, alors Premier ministre, Mirapolis s'était imposé comme le plus grand parc d'attractions de France, porté par sa statue géante de Gargantua. L'arrivée d'Euro Disney quelques années plus tard lui a été fatale : le parc a fermé en 1991, après seulement quatre saisons.

Fait notable, des capitaux saoudiens avaient déjà tenté de sauver le site dans les années 1980, sans succès, via le milliardaire Ghaith Pharaon.

Sur le plan politique local, le dossier reste sensible. Le député Aurélien Taché (LFI), non consulté, dit vouloir surveiller de près les conditions environnementales et sociales du projet.

Reste à savoir si ce projet, encore à l'état de négociations confidentielles, résistera aux mêmes écueils financiers qui avaient eu raison de Mirapolis il y a trente-cinq ans. Les prochaines semaines devraient permettre d'y voir plus clair sur le calendrier et l'ampleur réelle de l'investissement.

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